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"Terre promise"

"Terre promise"

terre promise

Synopsis

Oliv est né en Bretagne.
Comme bien d'autres, il a quitté sa terre natale pour partir à la rencontre des autres et de lui-même.
30 ans plus tard, il s'interroge :
" Finalement, qu'ai-je de Breton en moi ?"
Cette question symbolise son départ marche arrière.

Oliv revient sur les traces de ses ancêtres, entre Terre et Mer, à la rencontre de sa profonde Bretagne : la maison de son enfance, sa vieille bigote de voisine, une fête religieuse traditionnelle, un festival des vieilles Charrues, des retrouvailles avec un vieux copain des bancs d’école devenu paysan, la vie de bagnard des pêcheurs de morue, un fossoyeur peu rassurant.

Ce voyage identitaire drôle, éprouvant, touchant et surprenant, Oliv le vit pas-à-pas, sous l’œil attentif d’Anso, son ange gardien, sa fée, sa muse imaginaire, sa bohémienne du cœur.

Et comme toute quête initiatique, cette longue marche, jalonnée d’indices et d’inconnues, s’articule autour d’une énigme à résoudre …

 

terre promise« Terre promise » ?

Contrairement à la Terre Promise/Sainte, évoquée dans les livres religieux ( Islam et Christianisme), dans ce spectacle, il s’agit davantage d’un Eldorado ( la Bretagne) qu’Oliv aurait fui 30 ans plus tôt.
« Fuir l’Eldorado », quelle contradiction !
On entend souvent parler de citoyens demandeurs l’asile, fuyant leurs pays en guerre, venus se réfugier, mais on parle rarement des gens assez fous pour quitter un endroit de rêve, parfait, serein et rassurant, non !
Et pourtant, le lien est évident. Que ce soit de leur gré ou non, ces voyageurs ont ce point commun : le chemin. Ce n’est pas un spectacle sur les réfugiés ou les demandeurs d’asile, c’est un spectacle sur le chemin, sur la confiance et/ou la promesse qu’on peut se faire à soi-même d’aller ou d’arriver quelque part.

Parce qu’on ne peut promettre qu’à soi-même,
Parce qu’ « Etre heureux n’est pas forcément confortable » (B.d’Ansembourg)
Parce que la « terre ne nous appartient pas, c’est nous qui lui appartenons » (P.Rabhi)

 

 

terre promise a 2SPECTACLE ADULTES ET ADOLESCENTS- 1H

ECRITURE COLLECTIVE
CONTEUR:
     OLIVIER SESSA

MUSE ET MUSICIENNE:
     ANNE SOPHIE MASSON
MISE EN SCENE:
     GAUTHIER JANSEN

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Les grands thèmes abordés

La Bretagne : L’océan (Mor Braz), les galettes de blé noir, la pluie, les reliefs (récifs, monts, plaine), les ports, la pêche, les fêtes traditionnelles bretonnes

La quête : «La marche, c’est le bon rythme pour se rencontrer». Oliv marche la Bretagne d’est en ouest et du nord au sud. Entrecoupé de rencontres voulues et surprenantes, son objectif c’est la vitesse. Le rythme des pas et de son cœur qui bat.
Sa marche est animée d’une interrogation, d’une énigme qui l’habite. Une vieille bigote lui pose en effet cette question :
« Sans moi, point de vallées, point de terres fertiles, point d’immensités mouvantes ? Qui suis-je ? »
Depuis quelques années, une quête initiatique semble une démarche quelque peu mise de côté au vu des pressions, des oppressions (sanitaires, libertés d’expression, de circulation etc…). Or, une quête signifie une recherche d’identité, une soif de se connaître, de se découvrir. De surcroît, ce chemin est et reste accessible à chacun, quelles qu’en soient la forme et la manière.
Aussi, « Terre Promise » nous invite à entrer en voyage avec nous-même, comme un chemin d’initiation à cohabiter avec qui nous sommes, chacune et chacun, réellement. L’intérêt de cette question « Qu’ai-je de Breton en moi ? » réside dans les chemins qu’elle suggère à Oliv de parcourir, non dans la réponse qu’il voudrait y apporter.
Et si toute cette histoire n’était qu’une seule question ? Qui suis-je ?

Le libre-arbitre : qu’est-ce que le libre arbitre ? Le pouvoir que nous possédons d’être libre et arbitre de nos décisions. Libre de rester ici ou bien d’aller là-bas, de faire ceci ou cela. Arbitre, juge et maître de ce qui est bon pour soi, de ce qui nous semble juste et honnête. « Y’ a que les cons qui changent pas d’avis », telle pourrait être une définition symbolique du libre-arbitre. Dans « Terre promise », Oliv va où bon lui semble, fait ce qui lui chante, pense ce qui lui vient. Il s’offre ainsi le cadeau de se sentir totalement libre et maître de ses choix. Et quand tous les chemins sont possibles, lequel emprunter ? Et si toute cette histoire n’était qu’un point de vue ?

Personne ressource : « T'as trop abusé d'la marche. Marcher, c'est aussi savoir se reposer » .. Qui est-ce qui parle ? L’autre, l’ange, le confident, la béquille, celui ou celle à qui Oliv parle quand il se sent seul. Ici, l’ange, le fruit de l’imaginaire d’Oliv, c’est Anso. A l’instar d’une petite voix intérieure, elle le provoque, le met en garde face aux défis qui l’attendent, incarnant tout à coup une vieille bigote, capable de jouer d’Oliv comme on manipule une marionnette. C’est elle aussi qui insuffle dans le cœur fatigué d’Oliv, l’espoir et l’énergie pour repartir . C’est elle est aussi capable de le faire danser, même chanter !
Cette petite voix, cette dame, cette bohémienne, Oliv en tombe amoureux.. « L’autre ressource » est un personnage polyvalent prêt à tout pour accompagner Oliv le long de sa quête initiatique … Et si toute cette histoire n’était qu’un rêve ?

La musique : N’goni, accordéon, chant, accessoires musicaux d’atmosphère ; tous ces instruments créent une profondeur et une dimension universelle aux émotions que nous éprouvons, rassemblent nos âmes autour du silence interrompu par les notes, accélèrent ou ralentissent une situation dramatique. La musique jouée en direct se conjugue sur l’instant, et ce faisant, épouse la fragilité et l’authenticité du présent.
Anso et son univers emmènent et bercent le spectateur dans les émotions et sensations qu’il éprouve, lui permettant de vivre son propre chemin sensoriel.
A l’instar des mots, la musique dans « Terre promise » est un courant d’air, insufflant par une fenêtre (les yeux, les oreilles), un vent de voyage au cœur du spectateur. Et si ce spectacle n’était qu’une chorégraphie sonore ?

L’audace de s’interroger : « Pourquoi est-ce la mort qui détient toutes les réponses ? » .. Dans cette question réside l’idée même d’accepter de mourir, nonobstant l’idée de donner du sens à la vie.
Dans Terre Promise, Oliv s’octroie le droit d’être heureux. Ce faisant, il accueille et accumule les tabous, les questions sans réponses, les incertitudes et les doutes qui en découlent.
Sa quête de la Bretagne est une grande marche initiatique entrecoupée de questions sous formes de rencontres, d’anecdotes, de surprises et de découvertes. Ainsi, pas-à-pas, doutes après doutes, Oliv finit par apprivoiser une seule certitude :
« je sais que je ne sais rien » (Socrate).
Oliv pousse plus loin son questionnement d’initié, en interrogeant la mort elle-même (le fossoyeur), les yeux dans les yeux. Soudainement, il se met à rire, à pleurer de rire, pour enfin nommer, seul face à l’inconnu (la mort), la réponse à l’énigme qui accompagne sa quête : la source.
La mort ne serait-elle que le miroir de nos questions et nous la source des réponses ?

 terre promise olivier sessa anne sophie masson

Note de mise en scène

(Par Gauthier Jansen)

Rencontre des univers
La mise en scène et la direction d’acteurs représentent pour moi l’acte sacré de « faire semblant pour du vrai » (Marivaux). Cet acte demande un processus de dénuement, de lâcher prise quant au propos que le conteur vient développer. Ajouté à cela, l’affûtage brut du point de vue personnel, voire intime de l’acteur représente l’étape cruciale (authenticité, transcendance) pour laisser place à « la nécessité de créer » et non « l’assemblage d’idées créatives ».
Ce processus créatif est avant tout un chemin de rencontre sincère, profondément humain, ancré dans la confiance, le respect mutuel et la joie de vivre et de créer ENSEMBLE.

Inspiration
Le processus créatif de « Terre Promise » a consisté à mettre en lumière chaque mot de la phrase suivante :
« Parce que quelqu’un dit quelque chose quelque part à quelqu’un afin de… »
En effet, une œuvre d’art (chorégraphie, peinture, spectacle, musique…) comprend la motivation (parce que) d’un artiste (quelqu’un) à exprimer (dit) son point de vue (quelque chose) dans un cadre défini (quelque part) et publique (à) à propos d’un sujet nécessaire (afin de).

Conte et oralité
Conter est une tradition orale ancestrale, permettant de raconter ici et maintenant une histoire d’antan et d’ailleurs. La technique d’oralité du conte (de tradition berbère) est très rythmée et musicale. Son écriture (dans les grandes lignes) consiste à :
-jouer en alternance avec et sans 4ième mur (adresse direct au public).
-s’adresser au public en utilisant le temps présent.
-utiliser (souvent) 3 images pour exprimer 1 idée.
-formuler de phrases courtes (1 info / phrase).
-faire dialoguer un maximum les personnages.
-laisser toute liberté au narrateur de donner son avis.
-utiliser peu d’accessoires et multiplier leurs fonctions.

Interdisciplinaire
Avec ce socle narratif du conte, nous nous sommes amusés à emprunter et à saupoudrer « Terre Promise » d’un jeu tantôt non-verbal (musical, burlesque et clownesque) tantôt verbal (brechtien et shakespearien) sans jamais définir s’il s’agissait d’un seul en scène (quelqu’un arrive) ou d’un duo (quelque chose se passe).